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Bamum

dimanche 6 mars 2005, par Emile Proust

Les Bamum sont établis à l’est des Grasslands camerounais. Parmi de magnifiques montagnes volcaniques qui étaient autrefois couvertes de forêts, ils partagent ce territoire avec leurs voisins les Bamiléké (Batcham, Bandjoun, Bangwa, etc.) au sud et les Kom, Bali, N’so, Oku, Aghem, Bafut, Mankon et Babanki-Tungo sur les hautes terres au nord-ouest.

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Les Bamum dans les Grasslands du Cameroun

L’histoire des migrations raconte que la plupart des groupes peuplant les Grasslands du Cameroun sont arrivés depuis la région de Tikar, à l’est de ce même pays, entre le XVIe et le XIIIe siècle. De nombreuses voies commerciales traversaient la région et les diverses conquêtes ont contribué à donner aux créations artistiques de cette aire un style étonnamment complexe. Le sultanat de Bamum, composé de quatre-vingt mille individus, est gouverné à partir de la ville de Founbam par un roi, connu sous le nom de Fon, assisté par trois fonctionnaires et sept conseillers héréditaires.

L’un des plus extraordinaires souverains de ce peuple (ou Fon) a été le roi Njoya (v. 1870-1933). Entre 1885 et 1887, alors qu’il était encore adolescent, le trône lui échut à la suite de la mort prématurée de son père, Nsa’ngu, dans une bataille. Officiellement investi du pouvoir entre 1892 et 1896, après la naissance de son premier fils, Njoya se révéla un souverain brillant, énergique et réfléchi. Il lança de nombreuses innovations culturelles et artistiques, se convertit à plusieurs reprises à l’islam tout en maintenant des liens avec les nouvelles missions chrétiennes venues d’Europe. Et finit par créer sa propre doctrine religieuse, mélange de traditions et de rituels étrangers. L’écriture qu’il inventa mêlait des signes arabes et occidentaux, environ trois cents signes qui permirent de conserver l’histoire du Bamum précolonial, les connaissances médicinales, les pratiques religieuses et les formes canoniques de l’étiquette de Cour.

Le pays Bamum prospère étonnamment sous le règne de Njoya. Culture, cultes, économie, vie sociale structurée progressent dans un cadre politique bien organisé. Le plus stupéfiant reste la vie palatiale de cette dynastie Bamum à Foumbam. Dans une enceinte de plus de 70 000 mètres carrés, 2 000 à 3 000 personnes vivaient dans le palais, sous le temps de Njoya, dont ses 1 200 épouses et ses 350 enfants. A cela s’ajoutaient 2 000 fonctionnaires et serviteurs qui résidaient également sur place.

Le palais avait été initialement construit pour le roi N’sare, en 1860 ou 1870, et avait été édifié sur les fondations de l’ancien palais de Mbuembue. Situé au centre de la capitale bamum, cet ensemble massif comportant plus de 100 bâtiments différents était protégé par un mur de 5 mètres de hauteur que Mbuembue avait fait édifier autour de la ville. La cité royale de Foumbam, dans son ensemble, avec ses 15 000 à 20 000 habitants, était connue comme un important centre artistique, architectural et intellectuel.