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Baoulé

mardi 8 mars 2005, par Emile Proust

Les Baoulé occupent une partie de l’Est de la Côte d’Ivoire. Ils font partie du groupe Akan qui trouve son origine chez les Ashanti du Ghana.

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Les Baoulé, au centre est de la Côte d’Ivoire

Comme les Agni et Abron, les Baoulé, estimés à un million au début du XXe siècle, font partie du groupe Akan de la Côte-d’Ivoire. Ils occupent une portion de l’est de ce pays, à la fois forêt et savane.

Au XVIIIe siècle, un groupe parmi les Ashanti du pays voisin, le Ghana, en discorde avec le pouvoir central de cette ethnie, migra vers l’Ouest. La reine Abla Pokou conduit son peuple jusqu’aux rives de la Comoé chez les Sénoufo. Pour franchir le fleuve, elle sacrifia son propre fils. Ce sacrifice fut l’origine du nom de Baoulé, car baouli signifie "l’enfant est mort" (J. N. Loucou, 1984). Le régime étant de type matrilinéaire, à la mort de la reine, sa nièce lui succéda et dirigea le royaume de Sakassou qui réunissait les tribus qui l’avaient suivie dans son exode.

Comme tous les Akan, les Baoulé forment une population régie par le matriarcat ; le pouvoir où l’héritage est transmis par les femmes, sans qu’elles l’exercent elles-mêmes. Même si la loi ivoirienne a abrogé cette coutume, celle-ci reste sous-entendue et des arrangements se font encore sous ce sens.

Les artistes Baoulé ont produit de nombreux objets et sont toujours très actifs de nos jours. Vouloir en décrire l’extrême diversité ferait l’objet de plusieurs ouvrages. Grâce à leur grand sens de la stylisation des formes et leur attention aux détails, ils ont exécuté des créations qui figurent parmi les plus élégants objets africains.

Nous pouvons néanmoins citer quelques éléments phares parmi un grand inventaire :

- Blolo archaïques : ce sont des sculptures anthropomorphes sommaires, à bassin carré, figure plate. Ce type d’objet quand on le trouve à peu près intact, passionnera les amateurs d’antiquités certifiées très anciennes.

- Assie Osu : C’est une commémoration d’ancêtres, représentant la personne, souvent assise, parfois debout, toujours avec les bras écartés du corps.

- Danseur : Statue commémorative d’un champion de danse.

- Gbékré (génie singe) : Ils surveillent les habitations comme les terres cultivées et selon le lieu où ils sont affectés, mesurent de 10 cm à 1 mètre de hauteur.

- Masques Goli : Généralement représentant un disque surmonté de cornes, la forme empruntée aux voisins de l’Ouest, les Gouro, fait totalement partie de l’inventaire Baoulé. Il est utilisé lors de cérémonies qui sont un moment festif où chants et danses du Goli se confondent avec l’abus de consommation de bière de mil. Un moment où la notion de douceur, évoquée par les chants, permet à tous de se réunir joyeusement.

- Les boîtes à oracle pour devin : On introduit une souris dans la boîte - le haut est équipé d’une sorte de peigne sur lequel on pose du grain. La souris attrape ce grain, en mange, en déplace sur le fond de la boîte. Le devin interprète alors comme on lit dans le marc de café.

- Blolo bla, Blolo bian : Qu’on traduit par « Femme de l’au-delà, Homme de l’au-delà ». Ces objets sont regroupés avec les Waka Sona, les sculptures sur bois. Ils sont la représentation terrestre de l’épouse, de l’époux idéal(e). L’homme et la femme du couple restent toujours à proximité de leur Blolo respectif. Ils emmènent le Blolo avec eux lorsqu’ils voyagent.

- Colons : l’art « colon », Il est né au début du XXe siècle à la suite de commandes des colonisateurs ou d’autochtones qui souhaitaient avoir des figures « singeant » les colons. Les sculptures anthropomorphes sont vêtues « à l’occidentale » et couvertes de couleurs. On distingue l’art colon d’avant la deuxième guerre mondiale de l’après, jusqu’à nos jours. La tendance est maintenant à la réalisation de formes très étirées, désignées sous le terme de « filiformes » qui sont peints de couleurs très vives.