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Chamba

lundi 21 mars 2005, par Emile Proust

Installés depuis le XVIIe siècle sur la rive sud de la Benue au Nigéria, les Chamba ont résisté aux tentatives de conquêtes des Fulani, nomades qui se sont sédentarisés en grand nombre au nord du Nigéria. Ils sont connus pour leur célèbre masque-buffle avec ses deux mâchoires plates prolongeant la tête. La statuaire, moins fréquente, est admirée par les amateurs de formes primitives.

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Les Chamba au centre est du Nigéria

Etablis au Nigéria sur la rive sud de la Benue, les Chamba, aujourd’hui au nombre d’environ trente mille, sont un groupe ethnique originaire des montagnes qui marquent la frontière du Cameroun et du Nigéria. C’est au XVIIe siècle qu’ils se sont installés à cet endroit proche de l’aire des Jukun où ils formèrent des petits Etats centralisés dont certains avaient un centre fortifié.

Dans ces Etats, un chef de droit divin avait pouvoir de vie et de mort sur ses sujets. Toutefois, il était assisté du conseil des chefs de lignages. Anecdotique, le roi, fils du soleil, n’apparaissait jamais après le coucher du soleil auquel il était rendu un culte, « voma », afin d’obtenir entre autres bienfaits, la pluie.

Chaque clan conservait jalousement les crânes des ancêtres, responsables de la prospérité et de la fécondité de la lignée. Un autre culte, « vara », célébrait le génie tutélaire, personnification de la première « mala » ou tante paternelle du chef. Lors de la fête masquée « Kaa » ainsi qu’aux funérailles d’un membre du lignage, elle apparaissait en public sous la forme d’un homme masqué et habillé d’un costume de fibres. Le masque-heaume représentait une tête de buffle, creusé pour le port sur la tête. Une légère ouverture entre les deux mâchoires plates placées à l’avant du masque permettait de voir. Il est à remarquer que ces masques sont toujours construits avec une rigoureuse uniformité.

Les statuettes Chamba sont plus rares. Elles comportent des éléments stylistiques proches de celles de voisins, les Mumuyé. Quelques unes, de petite taille, étaient plantées dans le sol à l’aide d’une tige de fer comme les Tadep des Mambila et servaient à guérir ou protéger des morsures des serpents. D’autres statues, aux formes rappelant celles des ethnies alentours, mais présentant un certain archaïsme dans le travail de conception, restent très incertaines quant à leurs fonctions. On leur prête les rôles d’intermédiaires entre les esprits et le monde des vivants.