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Dogon

mercredi 23 mars 2005, par Emile Proust

Au cours du XVe siècle, les Dogon se disant descendants de l’empire Mandé se sont installés au sud est du Mali. Sur un plateau bordé par la falaise de Bandiagara, ils sont devenus agriculteurs. Une complexe cosmogonie s’est perpétuée avec des figures de masques et statuaire identitaires confirmant la culture Dogon.
Les Dogon commémorent le Sigi, moment de la création de la parole en même temps que le décès du premier ancêtre. Cette fête a lieu tous les soixante ans et dure sept années. La prochaine aura lieu en 2027.

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Les Dogon au sud est du Mali

Se donnant pour descendants des Mandé de l’empire du Mali, trois cent cinquante mille Dogon vivent aujourd’hui dans la boucle du Niger au Sud Est du Mali sur un plateau bordé par la falaise de Bandiagara, longue de deux cents kilomètres, qui surplombe une plaine. Autrefois chasseurs, ils sont aujourd’hui agriculteurs. Ils ont su tirer parti de leur environnement sahélien, à l’eau peu abondante, en développant des techniques de culture particulières. Ils vendent aux pasteurs Peul et aux pêcheurs Bozo leurs surplus de céréales (mil, sorgho et riz) contre de la viande, du poisson et du sel.

La cosmogonie complexe des Dogon a fait l’objet de nombreuses recherches ethnologiques chez ce peuple relativement peu nombreux. Ces recherches ont permis de mieux comprendre la symbolique des masques et statues Dogon si populaires en milieu occidental.

Le village Dogon, organisé en plusieurs clans totémiques, est sous l’autorité du conseil des anciens. A la tête d’une réunion, le Hogon est le chef religieux, responsable du culte du « Lébé », le serpent mythique. Assisté du forgeron, il préside aux cérémonies agraires. Maître des échanges et du commerce, il ne travaille pas aux champs, mais ne peut quitter sa maison, considérée comme un sanctuaire. Les clans se subdivisent en lignages, ginna, dirigés par le patriarche, gardien de l’autel des ancêtres du clan et officiant du culte de l’animal totémique.

Outre ce système hiérarchique de parenté, des associations féminines et masculines sont chargées de l’initiation qui a lieu par classe d’âge, tonno, correspondant à un groupe de nouveaux circoncis ou d’excisées. Les membres d’une classe d’âge se doivent aide mutuelle jusqu’à leur mort. Les forgerons et les sculpteurs sur bois forment une caste à part. Ils transmettent leur métier dans le lignage. Ils sont craints et respectés par la communauté qui leur prête des pouvoirs surnaturels. Ils ne peuvent se marier qu’à l’intérieur de leur caste. Leurs femmes sont chargées de la poterie.

La sculpture Dogon reprend les formes du style Tellem (ceux qui étaient là avant les Dogon). Silhouettes hermaphrodites aux bras levés et à épaisse patine de sang et de bière de mil. Les ancêtres mythiques nés du dieu Amma, les quatre couples de Nommo, ornent les tabourets, les poteaux du « toguna », maison de réunion des hommes, les serrures et les portes de greniers. Le « Couple primordial » est représenté assis sur un tabouret, dont la base figure la terre tandis que le plateau supérieur représente le ciel. Ces deux plateaux sont reliés entre eux par les Nommo. Des figures féminines assises, les mains sur le ventre, sont l’objet d’offrandes de la part des femmes enceintes qui veulent s’assurer une bonne fécondité. Des statues agenouillées sont utilisées auprès des morts pour faciliter leur départ vers l’au-delà. De nombreuses figures de cavaliers existent pour rappeler que le cheval fut le premier animal présent sur terre.

De nombreux masques accompagnent les diverses cérémonies qui rythment la vie des Dogon. L’awa, société masculine chargée de l’initiation, organise aussi les grandes cérémonies masquées du Dama, ou levée du deuil, qui peuvent durer plusieurs jours et commémorent les défunts des deux ou trois années passées. A cette occasion, deux masques sont utilisés, le Sirige ou maison à étages, qui est surmonté d’une très longue hampe et le Kanaga, surmonté d’une hampe plus courte, en forme de croix de Lorraine s’inscrivant dans un espace rectangulaire. D’autres masques à formes zoomorphes « dansent » avec les précédents ; dont le célèbre « Walu » ou masque antilope dont la forme est souvent la partie du visage du Sirige ou du Kanaga.

Les cérémonies du Sigi ont lieu tous les soixante ans chez les Dogon. Elles se déroulent sur sept ans et les prochaines auront lieu en, 2027. Il s’agit d’un important rituel de régénération. Elles commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funérailles du premier ancêtre.