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Léga

mercredi 11 mai 2005, par Emile Proust

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Les Léga en République Démocratique du Congo

Après avoir quitté l’Ouganda au XVIIe siècle, les Léga se sont installés sur la rive ouest de la Lualaba, dans la forêt tropicale du Kivu à l’est de la République Démocratique du Congo. Appelés aussi Waréga, les deux cent mille personnes composant le peuple Léga vivent dans des villages autonomes entourés de palissades, généralement situés au sommet de collines. Le rôle du chef, connu sous le nom de Kindi, est tenu par le plus vieil homme du clan, qui doit aussi être le plus haut gradé de la société Bwami.
La société secrète du Bwami occupe une place déterminante au sein de leur vie sociale et religieuse. Cette association initiatique comporte un certain nombre de grades strictement hiérarchisés et est en principe accessible à chaque homme, ainsi qu’à son épouse. Les règles à observer pour passer d’un grade à l’autre du Bwami deviennent de plus en plus exigeantes à mesure qu’on en gravit les échelons, ce qui explique que peu d’hommes accèdent aux positions les plus élevées. L’admission à un grade supérieur est en outre subordonnée à une longue préparation, ainsi qu’à une série d’initiations et d’évaluations. L’objectif de tout initié au Bwami est d’observer un code de conduite moral idéal, c’est-à-dire bon, axé sur la vérité et spirituellement parfait. Pour les Léga, le Bwami est l’ultime but de leur vie et toute leur production artistique est dédiée à cette puissante association.

Les masques Léga : utilisés durant les initiations du

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Lukwakongo

Bwami, se caractérisent surtout par un visage concave en forme de cœur. Au contraire de la plupart des masques africains, qui voilent la face du porteur, les masques Léga sont également portés sur les tempes, le front, à l’arrière de la tête ou tenus en main. Ils peuvent également être alignés ou entassés sur le sol, traînés par la barbe ou encore suspendus à une barrière ou à un piquet.
Les types de masques les plus courants sont les petits Lukwakongo, généralement pourvus d’une barbe de fibres, symbole de leur ancienneté. Leurs noms sont associés à la mort et aux défunts. Ces masques sont la propriété individuelle des initiés ayant atteint au moins le pénultième grade (Yananio). Les masques sont l’héritage des grands initiés défunts dont ils évoquent le souvenir agréable, sans pour autant en être les portraits, ni représenter un ancêtre précis. L’idée la plus importante est que les défunts ne sont pas vraiment morts, mais survivent au travers des masques qu’ils ont laissés à leurs successeurs pour perpétuer les traditions. Les aphorismes qui leur sont associés et que les initiés prononcent au cours des rituels évoquent les principes moraux et philosophiques du Bwami. Durant les rituels, un type de masque plus grand était attaché à une barrière, entouré de petits masques Lukwakongo. Le masque Idimu personnifiait alors le « Maître du pays entouré de ses enfants » et symbolisait l’unité et la cohésion des associations rituelles qui se regroupaient autour de lui.

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Iginga

Figurines d’ivoire :les figurines d’ivoire Maginga (sing : Iginga) sont des objets utilisés lors des rites d’initiation du Bwami ; les initiés du grade ultime de cette association en étaient les détenteurs exclusifs. Ces figurines se transmettaient au sein de la famille, d’un parent proche ou lointain à un autre. Elles sont d’abord exposées sur la tombe du défunt durant une certaine période. C’est de cette manière qu’elles deviennent des objets consacrés, chargés d’une force vitale indéfinissable qui stimule et soutient leurs détenteurs légitimes. Elles représentent la mémoire des grands personnages intègres, garants du code moral et philosophique et forment le lien entre les générations qui se succèdent. Pour les Léga, les Maginga sont des objets secrets et ne peuvent être utilisés ou vus dans un contexte autre qu’initiatique.

(Source texte : SMCC, Société du Musée Canadien des Civilisations)