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Sokey Edorh, peintre togolais : INVITATION

vendredi 7 novembre 2008, par Emile Proust

Sokey Edorh

Né en 1955
Nationalité togolaise
Afrique de l’Ouest

Prix et distinctions :
2008 -Prix Djamilatou Bikami, Dak’art, Biennale Dakar, Sénégal
2006 -USA, acquisition de Newark Museum, New-Jersey
2004 -France, acquisition de Conseil Général de la Gironde, Bordeaux
2000 -France, invité au Beaux-arts de Paris, section gravure, par le professeur Jean-Pierre Tanguy
1994 -Allemagne : Prix de la Fondation Heinrich Böll, Cologne.
1993 -USA : Prix de la Fondation Pollock-Krasner, New York
1977 -Togo : 1er prix des jeunes peintres, T.V.T. Lomé et acquisition par Lemhbrück museum de Duisburg

Formation :
1984-86 Université du Bénin, Lomé-Togo (philosophie)
1989-90 Beaux-Arts de Bordeaux, France.

Entre graphie et ethnographie, la brosse du peintre a une emprise charnelle avec la toile. L’ouvrage est une quête de « vérité », entre celle des anciens et celle de l’instant, quête d’une vérité sur l’Afrique malmenée par l’histoire, les peuples, ses peuples et ses décideurs, ceux-ci coupables ou innocents, de là ou d’ailleurs. Et si c’est dans la douleur que la plupart des artistes accouchent de leurs plus belles œuvres, Sokey Edorh, le maître d’oeuvre, dissimule bien cet état : gestes pondérés, élocution posée, monocorde, facétieux à l’occasion, sourire généreux et regard pétillant.

L’artiste togolais, depuis plus de trois décennies, a tenté d’embrasser les espaces du Golfe du Bénin jusqu’aux lignes de l’extrême Sahel afin de mieux les appréhender. Le détour par l’école de peinture occidentale lui a ajouté des facultés d’analyse et de recul. Ces mouvements ont fait naître chez le peintre la capacité d’utiliser diverses techniques de travail où les matières naturelles, poussières des sols, latérites, se sont combinées aux matières occidentales, aux qualités mixtes, telle la peinture acrylique. Est-ce la volonté de vouloir faire communier les continents, de réhabiliter l’histoire de l’homme en Afrique en dupliquant l’écriture développée chez les Dogon ? Toutes questions entre autres qui font le charme et la richesse de l’oeuvre de Sokey Edorh autant que de lui-même.

Selon lui, l’artiste n’est pas tenu de faire le reportage de son époque, mais de chercher à être de tout temps. Il l’explique par son matériau, cette latérite qui jadis servait à peindre les symboles rupestres et qu’il intègre aujourd’hui dans ses propres peintures. Un voyage au Mali, en pays Dogon, lui a donné l’idée d’utiliser ce matériau suranné pour décrire quelque chose d’actuel. Lui si curieux de nature a été frappé par la proximité entre l’alphabet latin et cette écriture Dogon réservée aux initiés qu’il parviendra à déchiffrer. Depuis, il livre ses messages à travers des toiles où s’alignent une foultitude de signes et de symboles dont lui seul souvent connaît la signification. Œuvres abstraites, les productions artistiques de Sokey Edorh trouvent naissance et s’enracinent dans le sol et l’histoire de l’Afrique. Les idéogrammes tracés par de fines brosses sont bien ceux que nous retrouvons dans les libations, scarifications ou signes cabalistiques lors des cérémonies rituelles.

La terre, sa terre, a une âme ; il va la chercher au Burkina, à Agou, la transporte à Düsseldorf, à Munich ou à Saint-Paul de Vence, la retrouve à Allada, la plante à New York et la partage avec de nombreux jeunes peintres. Cette latérite qu’il façonne, modèle, intègre à ses toiles, laisse un témoignage de sa démarche ; l’art n’aura de finalité autre que celle de s’intégrer à la vie et de rendre compte de son temps...

L’artiste a bien raison de dire qu’il œuvre pour l’épanouissement de son continent.

Expositions et projets :

2008 :

- Exposition Sokey Edorh, Galerie du Galion, Montpellier-F- décembre

- Exposition « Métamorphosis », Skoto Gallery-New York City- USA- octobre

- Exposition « Dialoge », ARTCO Galerie, Herzogenrath, Allemagne, fevrier-mars

- International Visions Gallery, Washington DC, USA, Janvier-février

2007 :

- Exposition New art au Newark Museum, New Jersey-USA, nov-mars, acquisition.

- Exposition Contact ZoneBAMAKO (Mali). Musée National du Mali.Octobre-Novembre

2006 :

- DAKAR (Senegal). la Biennale de l’Art African Contemporain. Mai-Juin.

2005 :

- Exposition Champs-libres, Sainte-Savine, Aube (France). Maison pour tous. Mai-Juillet

- Exposition Africa Mix, Galerie Figure, PARIS (France). Juillet.

- Exposition « Beautés Afrique », NANTES (France). Lieu Unique. Oct-
2004/Janv-2005

2004 :

- DAKAR (Senegal). la Biennale de l’Art African Contemporain. Mai-Juin.

2003 :

- Dax (France)

- Burkina Faso

- Zurich, au Kronen Galerie (Suisse)

- Musée d’Apt (France)

- Centre Wallonie-Bruxelles à Paris

- Résidence à Pujols sur Dordogne (exposition au château) (France)

2002 :

- Expositions à Brest et à Chamonix (France)

2001 :

- Exposition à l’Atelier Gustave à Paris (France)

2000 :

- Exposition « Sokey Edorh », Galerie Ambre Congo, Bruxelles (Belgique), novembre à janvier 2001.

- Exposition Espace Culturel Zaka, Ouagadougou (Burkina Faso)

1999 :
-
- Exposition Epars, Médiathèque des diasporas, Cotonou (Bénin)

1998 :

- Exposition Espace Culturel Zaka, Ouagadougou (Burkina Faso)

- Ouagadougou Burkina Faso : Symboles et écritures

1998-97 :

- CCF Cotonou exposition individuelle : Installation signes de la souris 6mx5m . Extérieur.

1997 :

- Exposition collective. Saint-Paul de Vence (France).

- Projet Agou-blues atelier de formation et exposition rurale à Agou (Togo)

1996-97 :

- Exposition boulevard à Lomé (Togo)

1996 :

- Abidjan (Goethe Institut et Musée d’art contemporain de Cocody) (Côte d’Ivoire), groupe ESOFA
1995 :

- Lomé-Togo/Atler Sack (galerie), Centre Culturel Français Overvath, Allemagne « Begegnung mit Afrika », Kunst Guterbahnhof (groupe)

- Duisburg, Allemagne, Festival des Arts Africains de Duisburg ; l’Afrique et l’Europe en dialogue avec Sigrid Beuting.

1994 :

- Bonn, Allemagne : Exposition d’automne-Atelierhaus (kunst Carré). Schwelmhaus Martfeld, Allemagne avec Ulritke Arnold dans le Kunstverein

- Haan, Allemagne : Galerie Leveling

- Projet pédacondji - Allemagne « l’Afrique et l’Europe s’inspirent ». Hamburg au kunsthaus

- Prien/Munich, à la Galerie de la ville dans le Atlen Rathaus

- Leipzig, Grassi Museum (Allemagne)

- Cologne, Studio Dumont-Installation(Allemagne)

- Niamey-Niger au CCFN (Centre Culturel Franco-Nigérien)

- Lomé-Togo au Gatobar.

1993 :

- Duisburg-Allemagne, atelier de travail au Drei-Giebel-Hans

- Düsseldorf-Allemagne, travail d’atelier (gravure) avec le professeur Penk au Kunstakademie.

1992 :

- groupe à Première phase du Projet Pedacondji-Allemagne, exposition de Togo (Lomé)

1991 :

- 1991-95 : Exposition annuelle à Cotonou-Bénin, Centre Culturel Français et Gatobar-Lomé, Togo

1990 :

- Bordeaux, France « Action rue de Bordeaux » avec les professeurs et étudiants des Beaux-Arts de Bordeaux.

- Bordeaux-France exposition de groupe : Vibration 90 au Bouscat-France

- Bordeaux-France exposition avec Karine Durant au « Caveau des Capucins ».

1989 :

- Limoges-France exposition de groupe, Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire.

- Bordeaux « Porte de l’Afrique au hangar n°5 du port sur la Garonne ».Exposition de groupe : Bernard Ouvrard, Jean-Philippe Thomasson, Martial Suiduraut, Ousmane Sow, N’guéssan Kra, Sokey Edorh

- France, Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo.
1979 :

- Lomé-Togo : Exposition de groupe « Les Civilisations Noires » par l’Aupelf.

« La latérite, c’est leur âme, c’est la mienne »

« L’immense étendue du sable, les empreintes des boeufs, des ânes, des enfants balayés par le vent sec du Sahara nous impose le silence d’Afrique, le silence du non-dit et du dire. Mon mutisme s’éclate et balaie toutes les voix fortes. Mon corps s’y mêle. J’en fais mon essence, ma raison qui ne cesse de s’égarer à la cime des doums, revient se faire toute petite à côté des gros coeurs en reconnaissant son impuissance à comprendre le sens des va-et-vient de ces enfants, de ces ânes, de ces boeufs, de ces femmes peuls.
Je pile, je broie, je couds mes toiles qui se construisent d’elles-mêmes. Le rituel est dans leurs démarches, dans leur façon. La latérite, c’est leur âme, c’est la mienne, autant que celle des termitières des contes évanouis. Je les regarde mourir dans les buées de l’harmattan, dans le soir qui tombe. Je fais l’impresario des croassements des crapauds. L’existence poursuit son cours. »

SOKEY EDORH.

"Né en 1955 au Togo, Sokey EDORH a suivi des études de philosophie à l’Université de Lomé 1984-86, a séjourné à l’école des Beaux Arts de Bordeaux en 1989-90 avant de rentrer au Togo.
Son travail ancré dans la tradition, utilisant la terre et la matière du continent africain, porte habituellement sur les symboles et les signes utilisés à travers l’Afrique. (...) Attaché aux grands courants qui secouent la modernité plastique souvent convenue, il cherche à travers son désir d’écriture une nécessité qui traverse l’intégralité de son oeuvre."

In Anthologie de l’Art Africain au XX° siècle

Le lien vers le site web de Sokey Edorh : www.sokeyedorh.com/

D’autres liens :

- Assafo

- Skoto Gallery, New York, USA

- encore à Skoto Gallery

- Au Newark Museum, New Jersey, USA

Renseignements, infos sur l’exposition "Sokey Edorh" à :

- Téléphone...04 67 92 44 06

- Email... exposokey@free.fr